✢ VIRGOFORTISTE,
astrologue, férue d’occulte




“I was born, Sir, when the crab was ascending,
all my affairs go backwards.”

King Lear, William Shakespeare.






   Ma passion pour les littérature et culture britanniques m’a menée vers une licence de Langues, Littératures et Civilisations Étrangères spécialisées dans l’exploration des mondes anglophones — des études enrichissantes, desquelles ont émergé à mesure que les années au sein de ma formation se sont accumulées un intérêt tout particulier pour l’époque élisabéthaine. Cette période, accouchée par la Renaissance anglaise (qui tirait ses inspirations de sa gémellité italienne— elle-même s’étant fortement inspirée des moeurs et philosophies antique et helléniste) incarne une parenthèse temporelle singulière pour l’Histoire de l’Angleterre, en cela qu’elle s’illustre au rang “d’âge d’or”, voire même “d’apogée” artistique et culturelle pour le pays. Afin d’approfondir mes savoirs sur les très nombreux changements inhérents à cette ère (et ce, qu’il s’agisse de réformes artistiques, théologiques, politiques, culturelles ou sociales), j’ai opté pour une spécialisation en Interculturalité qui m’aura accompagnée lors des quatre derniers semestres de ma formation de licence. Chacun des axes de cette spécialisation étaient en lien direct avec la réception de l’Antiquité dans les cultures du monde (mais aussi celle des Écrits religieux dans l’Antiquité), et l’étude de l’Histoire comme lieu d’expérience de l’altérité (y était abordé le travail de sources, les notions de mémoire, d’héritages, d’influence etc).

   Désireuse de retracer les liaisons entre les spécificités dites propres à cet “âge d’or” et les influences héritées plus ou moins directement de travaux accouchés par ses voisins européens (notamment, de traductions de textes issus de l’époque classique), je me suis tout naturellement intéressée aux oeuvres des auteurs, philosophes, et poètes élisabéthains pour y découvrir un point de convergence particulier ; le courant philosophique hermétique, par ailleurs souvent joint à l’occultisme et à l’astrologie, ayant fait croître chez ses contemporains des questionnements métaphysiques et mystiques en concordance avec la réforme protestante déjà installée.
 
     Plus que les symboles et autres délibérations existentielles présentes dans la littérature de l’époque, ce sont les multiples références aux astres dans les oeuvres de William Shakespeare, mais aussi de Christopher Marlowe, Edmund Spenser, Sir Philip Sidney et autres semblables qui ont captivé mon attention : ainsi ai-je découvert que la pratique de l’astrologie, au-delà des arts et de son rôle purement “archétypal” et “symbolique” (voire poétique) revêtait pour l’histoire culturelle de l’époque un statut tout à fait primordial. La Reine Elisabeth Ière, en personne, disposait d’un conseiller en science, s’illustrant en tant qu’astrologue personnel et ayant décidé de la date de son couronnement !

       
         L’Astrologie (aujourd’hui relayée au statut de  “pseudo-science”) était considérée ; parfois comme une “croyance scientifique”, parfois comme une pratique divinatoire à des fins plus signalantes que causales (l’on voyait en les mouvements planétaires des omens à même de refléter certaines manifestations s’opérant sur Terre). Dans tous les cas de figures, elle restait un savoir basé sur des fondamentaux précis, qui visait à prédire la chance et la destinée individuelle, ainsi qu’à interpréter l’influence/la réflexion sur la vie terrestre et humaine de certaines configurations célestes. C’était une tradition universitaire pour ses contemporains élisabéthains, tout comme elle l’était pour les savants et philosophes de la Renaissance italienne d’ailleurs, ayant traversé les siècles, connue divers remaniements et traditions, et restant en relation étroite avec le mouvement hermétique, l’astronomie, la météorologie et la médecine — aussi détenait-elle un rôle presque sociologique, ancré dans les us et coutumes de l’époque.
   
     C’est à ce carrefour que mon exploration personnelle s’enclenche. Alors même que je déploie mes propres inclinaisons, patauge dans mes questionnements existentiels, et que ma quête de sens me largue toujours plus profondément dans l’âtre crépitante de l’occulte et autres savoirs cachés. Mes premiers contacts avec la discipline se font spodariques, et plutôt timides ; mais c’était sans compter l’exsudat capiteux de cette fournaise qui n’aura eu de cesse de m’enjoindre à l’inspirer et l’inhaler toute entière ! Cela fait approximativement cinq ans, donc, que l’astrologie me crame par tous les bouts, cinq ans qu’elle constitute l’un de mes plus grands centres d’intérêt ; cinq ans que je l’étudie parfois en autodidacte, parfois encadrée par les enseignements d’autres astrologues que j’admire, sans que le feu de la passion ne s’éteigne ou faiblisse —même un peu. Une seule chose, à ce jour, bloque encore mon évolution devineresse ; la pratique, en consultation mais surtout auprès de valeureux inconnus, dont le manque de retours commence réellement à se faire sentir ! Ainsi je me décide, dès à présent, à proposer mes services.